Une dynamique mondiale à deux vitesses se dessine : d’un côté, la Chine accélère ses investissements sur les routes de la Ceinture et la Route ; de l’autre, l’Allemagne reconnaît avoir négligé l’Afrique et tente de revenir dans la course. Ce double mouvement, à la veille de la réunion du G20 à Ballito, illustre une recomposition géoéconomique sans précédent.
Selon des données relayées par The Financial Times, issues de l’université australienne Griffith et du Green Finance & Development Center de Pékin, la Chine a signé pour 124 milliards de dollars d’accords sur le premier semestre 2025, dans le cadre de son initiative phare “la Ceinture et la Route”. C’est plus que les 122 milliards de dollars mobilisés par les États-Unis pour toute l’année 2024, preuve d’un activisme économique chinois qui défie les équilibres traditionnels.
« L’année 2025 est exceptionnelle non seulement en volume, mais aussi en ambition : plusieurs projets dépassent les 10 milliards de dollars », analyse Christoph Nedopil Wang, l’un des auteurs de l’étude. Cette stratégie offensive s’explique par la volonté de Pékin de compenser le ralentissement de son marché intérieur et de se positionner en alternative face à la guerre commerciale ravivée par Donald Trump.
Plus de 150 pays ont déjà rejoint l’initiative chinoise, qui ambitionne de remodeler les infrastructures et les routes commerciales du XXIe siècle avec des financements massifs, souvent dans des pays en quête de développement rapide – dont plusieurs en Afrique.
Face à cette avancée chinoise, l’Allemagne fait son mea culpa. Le vice-chancelier et ministre des Finances, Lars Klingbeil, en partance pour la réunion du G20 en Afrique du Sud, a déclaré vouloir « rétablir une coopération forte et respectueuse avec les pays africains ».
« La Russie et la Chine ont pris de l’avance. Nous devons changer cela », a-t-il admis.
Objectif affiché : attirer plus d’investissements privés allemands sur le continent. Une annonce qui intervient alors que les pays africains réclament plus d’équité dans les échanges et des partenariats fondés sur le respect mutuel et le droit international.
En parallèle de cette actualité économique, la ville chinoise de Foshan, dans le sud du pays, est touchée par une flambée de fièvre chikungunya, selon les autorités locales. 478 cas ont été confirmés au 15 juillet.
Le virus, introduit depuis l’étranger, provoque de fortes douleurs articulaires et une fièvre intense. Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe à ce jour. Cette épidémie rappelle que les échanges internationaux, s’ils dynamisent les économies, comportent aussi des risques sanitaires.
Le Cameroun, entre deux puissances
Alors que la Chine intensifie sa présence économique et que l’Allemagne cherche à tisser de nouveaux liens, le Cameroun et ses partenaires africains se retrouvent au centre d’une bataille d’influence.
La question est désormais de savoir quels choix stratégiques les États africains feront : entre capitaux chinois rapides et partenariats européens repensés, le continent entend surtout reprendre la main sur son avenir économique.
As China surges ahead with its Belt and Road Initiative (BRI), investing over $124 billion in just six months, Germany openly admits to having neglected Africa and vows to change course.
The numbers, published by The Financial Times based on Griffith University and Beijing’s Green Finance & Development Center, show that China is outpacing the United States in economic engagement with developing nations.
While Germany’s finance minister Lars Klingbeil seeks new partnerships ahead of the G20 Finance Summit in South Africa, China is already signing megadeals exceeding $10 billion each, reshaping trade routes and supply chains in its favor.
Meanwhile, a chikungunya outbreak in southern China adds a note of caution about the vulnerabilities of global interconnection.
Africa, and especially countries like Cameroon, must now navigate a new era of global competition where their economic choices will define the future balance of power.
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Ekanga Ekanga Fernand