Interpellé le 10 janvier à Abidjan, ce soutien d’Ibrahim Traoré, le président de la transition burkinabè, était détenu à l’École de Gendarmerie, où il a été retrouvé mort dans sa cellule le 24 juillet.
Des milliers de personnes ont manifesté ce 30 juillet à Ouagadougou pour réclamer « vérité et justice » sur la mort en détention à Abidjan de l’influenceur Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, soutien de la junte au pouvoir au Burkina qui était détenu pour « intelligence avec des agents d’un État étranger ».
Interpellé le 10 janvier à Abidjan, Alino Faso, 44 ans, était détenu à l’École de Gendarmerie, où il a été retrouvé mort le 24 juillet, « pendu à l’aide de son drap de lit, après avoir tenté sans succès de s’ouvrir les veines du poignet », a affirmé ce 27 juillet le procureur de la République de Côte d’Ivoire, Oumar Braman Koné.
Le gouvernement burkinabè a condamné « cette disparition assimilable à un assassinat crapuleux », selon lui, et exigé que « toute la lumière soit faite » sur la mort d’Alino Faso.
Ce 30 juillet, des milliers de manifestants lui ont rendu hommage, à l’appel de la Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC), selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et des sources locales jointes par l’AFP. Majoritairement vêtus de blanc, ils se sont rassemblés devant le mémorial Thomas Sankara, brandissant des banderoles et des pancartes où l’on pouvait notamment lire « Le peuple burkinabè réclame justice pour Alino Faso » ou « Assassin connu, justice attendue. Ce crime ne restera pas impuni ».
Les manifestants ont scandé des propos hostiles au président ivoirien Alassane Ouattara, affiches à l’effigie de Alino Faso en main et des drapeaux du Burkina Faso en l’air. Le cortège a marché jusqu’à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou, où un léger dispositif sécuritaire était visible.
Dans un message lu devant la représentation diplomatique ivoirienne et relayé sur les réseaux sociaux, la CNAVC a pointé des « zones d’ombre » dans la version officielle ivoirienne sur la mort d’Alino Faso « qui méritent d’être éclaircies. » « La mort d’Alino n’est pas un drame individuel. C’est un drame qui touche la nation entière et qui appelle à la vérité, à la justice et au respect des droits humains », a souligné la CNAVC.
Selon l’Agence d’information du Burkina, les autorités ivoiriennes ont officiellement adressé leurs condoléances au gouvernement burkinabè, sans répondre à sa demande de rapatriement du corps d’Alain Christophe Traoré pour des obsèques nationales.
La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso entretiennent des relations très tendues depuis la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré par un coup d’État en septembre 2022. Le gouvernement burkinabè a prévenu que la mort d’Alino Faso ne resterait « pas impunie. »
(Avec AFP)
2025-07-30T15:28:20Z